
Nos origines :
de la Bande du docteur Jules
à
l'Orchestre à vents Saint-Jérôme
Depuis plus de 175 ans, la musique à Saint-Jérôme résonne grâce à l’esprit visionnaire du Dr Jules-Édouard Prévost, fondateur de la première fanfare locale en 1849. De la «â€¯bande du docteur Jules » à la Fanfare, puis à l’Harmonie Saint-Jérôme et enfin à l’Orchestre à vents Saint-Jérôme (OVSJ), chaque génération a contribué à enrichir le patrimoine musical de la région. Cette page vous invite à découvrir l’évolution de l’orchestre, les événements marquants, les figures emblématiques et les anecdotes qui ont façonné un véritable pilier culturel des Laurentides.

À l'initiative du docteur Jules-Edouard Prévost, une première équipe de musiciens jérômien est formée. Charles Morandville, Godfrey Laviolette, Jean Latour, Joseph Latour, Léon Morand, Antoine L’Ecuyer, M. Nabacesse, François Desrochers, Benjamin de Montigny, Edmond Roach, M. Therrien, Joseph Desforges, François Desormeaux, Emilien Valiquette (grosse caisse), Charles Valiquette, Grégoire Pilon, David Duplessis, Pierre de Montigny, Charles de Martigny, Joseph Filiatrault, Pierre-Auguste Labrie, Maxime Laviolette, John Herbert, Gédéon Larocque et enfin le docteur Jules-Edouard Prévost.
1849
Les débuts de l'orchestre
1850
C'est maintenant officiel !
C'est le 1er mai 1850, que le Dr Jules-Édouard Prévost, médecin établi dans la paroisse depuis décembre 1849, officialise devant notaire la fondation d'une première formation de vents connue sous le nom de « la bande du docteur Jules ». Dans le contexte d’un modeste village, la création d’une fanfare constitue alors un événement exceptionnel — vraisemblablement l’un des tout premiers ensembles de ce type au Bas-Canada. Appuyé par le curé Thibault et par un groupe de citoyens engagés, Prévost rassemble des musiciens amateurs qui se donnent pour mission d’animer la vie religieuse et civique.

1852
Elle est de toutes les fêtes...

À ses débuts, la « bande » remplit même une fonction liturgique : elle tient la place de l’orgue à l’église, encore absent à l’époque. Un jubé est spécialement aménagé pour accueillir les musiciens. L’ensemble devient rapidement de toutes les fêtes, cérémonies et processions, contribuant à structurer la vie culturelle de la communauté.​
Parallèlement à la musique, la fanfare participe à une véritable effervescence culturelle locale. Dès les années 1860, elle collabore à des soirées musicales et dramatiques mêlant théâtre, chant, piano et interventions de la fanfare, notamment en 1864 et 1871. Ces soirées, organisées avec des amateurs de la région et parfois des invités de Montréal, témoignent d’une vie artistique étonnamment riche pour une petite localité. L’orchestre devient ainsi un moteur de sociabilité, de formation culturelle et de divertissement public.
1855
Une vache ???
La fanfare se développe au prix d’efforts considérables. Les instruments doivent être achetés à Montréal, parfois à crédit, et l’organisation repose presque entièrement sur l’engagement personnel du fondateur et de quelques collaborateurs. Parmi ces initiatives audacieuses, Émilien “Milan” Valiquette échangea une vache contre la première grosse caisse de la bande, donnant ainsi le signal des débuts musicaux avec son fameux cri : «â€¯Frappe, Milan ! ». Malgré ces contraintes, la formation s’enracine durablement. Elle réunit, dès les premières décennies, plusieurs générations de musiciens jérômiens — simples amateurs pour la plupart — animés par le désir de «â€¯cultiver l’harmonie » au sens propre comme au sens figuré.

1868
Le curé Antoine Labelle

La relation entre le Dr Jules-Édouard Prévost et le curé Antoine Labelle s’inscrit dans une collaboration étroite au service du développement social, culturel et spirituel de Saint-Jérôme au XIXᵉ siècle. Tous deux partagent une vision de la communauté où l’éducation, la culture et la vie collective jouent un rôle structurant. Prévost, par la fondation et la direction de la fanfare, contribue à l’animation des fêtes religieuses et civiques, soutenant concrètement la mission pastorale et communautaire de Labelle. De son côté, le curé appuie les initiatives culturelles locales (logistique, légitimation institutionnelle, accès aux espaces), reconnaissant la musique comme vecteur de cohésion sociale. Leur partenariat illustre l’alliance, alors courante, entre leadership laïc et clergé pour bâtir l’identité culturelle des Laurentides.
1895
Statut de corporation
Après près de 45 ans comme entreprise privée, dirigée et financée par le Dr Prévost, la fanfare franchit une étape déterminante en 1895, lorsque la Ville reconnaît officiellement l’organisme sous le nom de La Fanfare de Saint-Jérôme, constituée en corporation musicale afin d’assurer sa pérennité. Cette reconnaissance marque le passage d’une initiative personnelle à une institution culturelle structurée, portée collectivement par la communauté.

1899
Noces d'or

Les 9, 10 et 11 septembre 1899, on célébra ses noces d’or avec un éclat sans pareil et on y réussit magnifiquement. On fêtait tout ensemble le cinquantenaire de marriage du fondateur, celui de son admission à la pratique comme médecin, celui de son arrivée à Saint-Jérôme en 1849 et celui aussi de la foundation de “sa” fanfare. Il y eut trois jours de fête : messe spéciale dans l’oratoire privée de la famille, dite par le curé Lafortune, messe en musique dans la belle église, célébrée par son fils, le Père Eugène Prévost, adresses, banquet, séance, concert, feu d’artifice et des discours à profusion !
Photo du Père Eugène Prévost, 1890
1903
De père en fils...
À la mort du Dr Jules-Édouard Prévost en 1903, la fanfare de Saint-Jérôme perd son fondateur, son chef et son principal moteur depuis plus d’un demi-siècle. Cette disparition marque un moment charnière pour l’ensemble, qui doit assurer la continuité d’une tradition solidement ancrée dans la vie jérômienne.
Dans l’immédiat, la direction est confiée à Sincère Magnant, figure respectée du milieu musical local, qui assure la transition avec stabilité et sens du devoir. Son rôle est déterminant pour maintenir la cohésion de l’effectif et préserver l’élan artistique hérité du fondateur durant cette période de deuil et de réorganisation.
Peu après, la direction revient au fils du fondateur, le Dr Henri Prévost, déjà impliqué dans la fanfare depuis plusieurs années. Cette succession familiale permet d’assurer une continuité à la fois symbolique et organisationnelle : la fanfare demeure fidèle à l’esprit du « docteur Jules », tout en s’inscrivant dans une nouvelle phase de son développement au tournant du XXᵉ siècle. Il dirigera la fanfare jusqu'à son décès en 1916.

1934
Les directeurs d'orchestre
​
1849 - Dr. Jules-Edouard Prévost
1903 - Sincère Magnant
1904 - Dr. Henry Prévost
1916 - Emmanuel Bertie
1934 - Félix-Xavier Saint-Michel
1939 - M.P Deschambault 1939
1942 - Paul Prud'homme
1945 - Armand Renaud
1949 - Amaury Pilon
1958 - Isidore Morin
1984 - Jean Richer
1985 - Maurice Langlais
1996 - Rodolphe Chabot
1997 - Michel Saint-Amand
Différents directeurs se sont succédés...
1998 - Jade Piché
1958
Harmonie Saint-Jérôme
En 1958, la Fanfare de Saint-Jérôme adopte l’appellation Harmonie Saint-Jérôme, marquant une étape importante dans l’évolution artistique et organisationnelle de l’ensemble. Ce changement de nom reflète l’élargissement du répertoire et des ambitions musicales : on passe progressivement d’un ensemble principalement associé aux cérémonies et aux défilés à une formation de concert à vents, tournée vers l’interprétation d’œuvres plus élaborées et de programmes thématiques.

1967
Une pause...

Plusieurs directeurs musicaux se sont succédé jusqu'en 1967. C'est à cette époque que la modernité s'installa dans les troupes musicales et que plusieurs fanfares du Québec ont disparu. La Fanfare de Saint-Jérôme ne fut pas épargnée et elle cessa la plupart de ses activités. Il ne restait que quelques musiciens assoiffés de musique dont les activités ne se limitaient qu’aux pratiques.
1984
Un nouvel élan...
C'est en 1984, tel un phénix, que la fanfare nous revient avec une nouvelle énergie. En effet, à l'occasion des fêtes du 150e anniversaire de la Ville de Saint-Jérôme, certaines personnes, dont M. Paul Prud'homme, rassemblèrent une cinquantaine de musiciens. L'orchestre fut dirigé par M. Jean Richer jusqu'en 1985.
M. Maurice Langlais prit ensuite la relève de la direction musicale jusqu'en 1996, puis M. Rodolphe Chabot le remplaça durant une année. Diplômé du conservatoire de Québec, M.Chabot écrivit plusieurs arrangements musicaux pour l'Harmonie. Il quitta l'orchestre en 1997. M. Michel Saint-Amand lui succéda pendant deux ans. Il était à cette époque le directeur musical de l'ensemble Samico Jazz. Avec lui, souffla un vent de renouveau, puisque sous son influence, de jeunes musiciens vinrent se joindre à l'Harmonie.

1998
La direction actuelle
Depuis 1998, Mme Jade Piché a pris la direction de l'Harmonie Saint-Jérôme. Sous sa direction, l’ensemble participe au Festival des Harmonies et Orchestres Symphoniques du Québec et au MusicFest Quebec. Depuis sa participation à ces compétitions, l'orchestre s'est toujours démarqué et mérité de nombreuses notes d'or.

2024
Nouvelle identité
Loin de rompre avec son héritage, cette nouvelle identité s’inscrit dans la continuité de plus de 175 ans d’histoire musicale à Saint-Jérôme. Elle vise à rendre l’orchestre plus lisible, plus accessible et plus présent dans l’espace public, en multipliant les occasions de rencontres avec la communauté, les projets de médiation culturelle et les collaborations locales. L’Orchestre à vents Saint-Jérôme affirme ainsi sa volonté d’être à la fois un acteur culturel de haut niveau et un partenaire vivant du milieu jérômien, fidèle à l’esprit de rassemblement qui anime l’ensemble depuis ses origines.
